La série affirme son identité avec le générique. Il cristallise l’affection des téléspectateurs envers la série. Pour le festival Séries Mania qui se déroule cette semaine aux Halles à Paris, Ariane Hudelet (maître de conférences en études anglophones à l’université Paris Diderot) a analysé les différentes stratégies utilisées dans les génériques des séries américaines récentes pour fidéliser le spectateur, susciter son désir, et l’installer d’emblée dans le rythme ou le ton de la série. Voici quelques éléments de ces stratégies.
1. Une durée variable
Par manque de temps ou pour éviter les stratégies d’avance rapide correspondants aux nouveaux modes de visionnage, les génériques sont plus courts qu’auparavant. Ils utilisent pour certains le seul titre de la série sur un morceau de musique emblématique
2. La poétique du générique
La narration dans le générique est laissée de côté pour davantage de « chorégraphie ». La forme prime sur le contenu. Ainsi, les mots à l’écran (titre, nom de l’auteur, réalisateur, etc.) sont détournés et n’ont plus qu’une fonction iconique et graphique. La typographie est très travaillée, ainsi que le mouvement des lettres. Le graphisme contourne ainsi la valeur informative du générique.
Les génériques utilisent différents procédés stylistiques :
- « Défamiliariser » le public en restant dans la symbolique.
- Utiliser de nouvelles temporalités. Exemple : Treme.
- Prendre de la distance sur l’espace filmique. Exemple : Dexter.
- Montrer le passage pour embrayer sur la fiction. Exemple : Game of Thrones.
- Faire évoluer le générique. Exemple : The Wire.







































